Les débuts du Sacré de Birmanie

1925 fut l'année de reconnaissance de la race et, en 1926, Poupée de Madalpour – parfait spécimen de la race – fut présentée en vedette lors de l'exposition féline de Paris.

A la même période, E. Larieux et Ph. Jumaud, dans leur livre «Le chat. Races, élevage, maladies» décrivaient le chat de Birmanie en ces mots: «Le chat de Birmanie, de petite taille et bas sur pattes, a le corps allongé, le front bombé, de très longues moustaches et, sur les sourcils, de longues touffes de poils. Le pelage, crème comme chez le Siamois, présente des teintes bronze clair sur l'échine ; le poil est assez long et soyeux. La queue est ornée de longs poils loutre au dessus, gris ou beige en dessous.»

En 1927, Madame Marcelle Adam exposait Manou de Madalpour issu des amours de Poupée de Madalpour avec un mâle siamois. En 1928, Poupée et Manou de Madalpur côtoyaient en exposition le mâle Hiram-Roi et la femelle Nafaghi, elle aussi fille de Poupée.

En 1929 entrait en scène un nouvel éleveur passionné de birmans : Marcel Baudouin-Crevoisier. Cette année-là, il exposait le mâle Lon Saïto. En 1930, il présentait celui qui fut probablement le plus spectaculaire des sacrés de Birmanie d'avant-guerre : Dieu d'Arakan. Mais en 1933, M. Baudouin-Crevoisier abandonna l'élevage et vendit tous ses sacrés de Birmanie et la souche s’éteignit.

On connaît mal la généalogie de ces premiers birmans : descendaient-ils les uns des autres, étaient-ils issus de mariages avec des siamois gantés, particularité alors fréquente (et indésirable dans cette race) ? Les premiers éleveurs ont entretenu le mystère... et la situation est d'autant plus embrouillée que ces pionniers de l'élevage ne disposaient pas d'affixes déposés ; les noms «de Madalpour», «d'Arakan» ou «de Rangoon» ne correspondent pas à une lignée ou un élevage particulier. Les premiers affixes ne furent déposés qu’en 1932.

En 1935, deux affixes de première importance étaient déposés : «de Madalpour», par Mme Chaumont-Doisy, et «de Kaabaa» par Melle Madeleine Boyer. Ainsi se mettait en place l'élevage des premiers sacrés de Birmanie. Les restrictions et exodes de la seconde guerre mondiale ne permirent pas aux éleveurs de chats sacrés de Birmanie de continuer la sélection entreprise.


Dieu d'Arakan

Le Sacré de Birmanie après la seconde guerre mondiale

La situation du chat sacré de Birmanie après la guerre n'était pas brillante : en Suisse, Belgique et Italie plus aucun sujet n'avait survécu, seuls quelques sujets continuaient à vivre en France grâce à trois éleveurs :

Madame Chaumont-Doisy - «Elevage de Madalpour»
Elle avait pu sauver quelques sujets dans sa maison de Clamart dans la région parisienne.

Mademoiselle Boyer - «Elevage de Kaabaa »
était parti à Millau dans l'Aveyron, c'est là qu'une petite merveille est née en 1943 : Orloff de Kaabaa, le mâle le plus important et s.eul mâle reproducteur à faire souche. Il fut accouplé à Xenia de Kaabaa, sa fille issue en 1949 d'une mère d'une lignée différente. De ce couple unique et fameux furent issus tous les chats dont descendent les actuels Sacrés de Birmanie.

Madame Simone Poirier - «Elevage de Crespières»
Elle a acheté en 1956 un fils de ce couple mythique : Aria de Kaabaa et également une petite birmane à la Comtesse de Maubou. Il s'agissait de Cosima des Muses dont les parents été Agni et Aïcha de Kaaba (née le 18 avril 1953). Mme Poirier s'est investi pendant plus de 30 ans pour améliorer le type et fixer le plus possible les gants blancs.

Ainsi, au milieu du XXe siècle, les bases de l'élevage moderne du chat Sacré de Birmanie étaient jetées.

Madeleine Boyer et Orloff de Kaabaa en 1945

 Sacré de Birmanie appartenant à Madame Ravel,
présidente du Cat Club de Paris

D’autres éleveurs reprirent le flambeau : Mme Gamichon («des Grandes Chapelles») qui, avec Mme Simone Poirier, fonda en 1961 le club de race, primitivement nommé «Cercle du chat sacré de Birmanie et du persan colour point». Mais, il y eu aussi d’autres éleveurs : «de Lugh», «de Khlaramour», «de Pagan», «de Monywa», «de Ranchipur»,...